Capitale de la république autonome du Karakalpakstan, dans l’ouest de l’Ouzbékistan, Noukous offre un visage très différent des grandes cités de la Route de la Soie. Ici, pas de vastes ensembles de médersas aux coupoles turquoise : la ville constitue surtout une porte d’entrée vers une région marquée par la culture karakalpake, les paysages désertiques et l’histoire de la mer d’Aral. Elle abrite également l’un des musées les plus étonnants d’Asie centrale, le célèbre musée Savitsky.
Située à proximité du delta de l’Amou-Daria, Noukous s’est développée au XXe siècle jusqu’à devenir le principal centre administratif et culturel du Karakalpakstan. Son urbanisme, ses larges avenues et son architecture témoignent en partie de l’héritage soviétique. Mais l’intérêt d’une étape à Noukous réside surtout dans les collections de ses musées et dans sa situation privilégiée pour explorer les territoires reculés de l’ouest ouzbek.
Le principal incontournable de la ville est le Musée d’État des arts de la République du Karakalpakstan, généralement appelé musée Savitsky. Fondé grâce au travail du peintre, archéologue et collectionneur Igor Savitsky, il rassemble une remarquable collection d’œuvres d’avant-garde russe et soviétique, dont certaines furent longtemps tenues à l’écart des institutions officielles pendant la période soviétique.
Les collections du musée ne se limitent cependant pas à cet héritage artistique. Elles permettent également de découvrir l’histoire, l’archéologie et les traditions du Karakalpakstan. Textiles, bijoux, costumes, objets artisanaux et œuvres d’art offrent un aperçu de la culture karakalpake et des populations qui ont vécu pendant des siècles dans le delta de l’Amou-Daria.
Noukous permet ainsi de mieux comprendre l’identité particulière du Karakalpakstan. Les Karakalpaks possèdent leur propre langue et des traditions façonnées par l’histoire des peuples nomades et sédentaires d’Asie centrale. L’artisanat, notamment les textiles, les broderies et les bijoux, constitue un témoignage précieux de cet héritage culturel.
La ville est également un point de départ privilégié pour rejoindre Moynaq, ancien port de pêche situé autrefois sur les rives de la mer d’Aral. Le recul spectaculaire des eaux a profondément transformé les paysages de la région. Aujourd’hui, les bateaux abandonnés de Moynaq reposent au milieu d’étendues devenues désertiques et témoignent de l’une des plus importantes catastrophes environnementales contemporaines.
Depuis Noukous, certains itinéraires permettent de poursuivre plus loin vers les anciens rivages de la mer d’Aral et le plateau d’Oust-Ourt. Falaises, plaines désertiques et formations rocheuses composent alors des paysages radicalement différents de ceux rencontrés dans le reste de l’Ouzbékistan. Ces excursions nécessitent davantage de temps, mais permettent de découvrir l’une des régions les plus isolées du pays.
Les environs de Noukous conservent également plusieurs traces des civilisations anciennes qui se sont développées autour de l’Amou-Daria. Le site de Chilpik Kala, installé sur une hauteur dominant les plaines environnantes, fait partie des vestiges archéologiques pouvant être découverts dans cette partie de l’Ouzbékistan.
Noukous constitue par ailleurs une étape complémentaire à Khiva et au Khorezm. Un itinéraire dans l’ouest du pays peut ainsi associer le patrimoine architectural de Khiva aux paysages et à la culture du Karakalpakstan, avant de poursuivre éventuellement vers Moynaq et la mer d’Aral.
Découvrir Noukous, c’est donc s’éloigner des itinéraires classiques de la Route de la Soie pour explorer une autre facette de l’Ouzbékistan. Entre les collections exceptionnelles du musée Savitsky, la culture karakalpake et les paysages de la mer d’Aral, la capitale du Karakalpakstan constitue une étape particulièrement singulière d’un voyage dans l’ouest du pays.