Derrière les imposantes murailles de Khiva, Itchan Kala dévoile l’un des ensembles historiques les plus remarquables d’Ouzbékistan. Cette ancienne ville intérieure rassemble sur un espace relativement compact des dizaines de mosquées, médersas, mausolées, palais et minarets. Avec ses ruelles bordées de constructions en terre et ses monuments couverts de céramiques turquoise, elle offre l’une des immersions les plus saisissantes dans l’univers des anciennes cités de la Route de la Soie.
Itchan Kala signifie littéralement « ville intérieure ». Elle constituait le cœur protégé de Khiva, par opposition à la ville extérieure, appelée Dichan Kala. Entourée de puissantes murailles en terre ponctuées de portes et de tours, elle regroupait autrefois les principaux bâtiments politiques, religieux et commerciaux de la cité.
L’histoire d’Itchan Kala est intimement liée à celle du Khorezm et du khanat de Khiva. Si la ville possède des origines anciennes, une grande partie des monuments que l’on découvre aujourd’hui furent construits ou transformés entre les XVIIe et XIXe siècles, lorsque Khiva était la capitale du khanat. L’architecture de la vieille ville témoigne ainsi de plusieurs siècles de prospérité et du savoir-faire des artisans de la région.
L’un de ses monuments les plus reconnaissables est le Kalta Minor, un minaret inachevé dont la silhouette massive est entièrement recouverte de céramiques aux nuances de bleu et de turquoise. Sa construction débuta au XIXe siècle et devait initialement donner naissance à un minaret beaucoup plus élevé. Malgré son inachèvement, il est devenu l’un des symboles de Khiva.
À proximité se trouve la Kunya Ark, ancienne citadelle et résidence des khans. Derrière ses murailles étaient réunis différents espaces nécessaires au fonctionnement du pouvoir : salles de réception, mosquée, bâtiments administratifs et appartements. Certaines parties élevées permettent également d’admirer les toits, minarets et coupoles d’Itchan Kala.
Le palais Tach Khaouli constitue un autre témoignage du raffinement de la cour de Khiva. Construit au XIXe siècle, il s’organise autour de plusieurs cours bordées de façades richement décorées. Colonnes en bois sculpté, céramiques bleues et motifs géométriques composent un décor particulièrement représentatif de l’artisanat du Khorezm.
Itchan Kala abrite également la mosquée Djouma, dont l’intérieur se distingue par une véritable forêt de colonnes en bois. Plus de deux cents piliers soutiennent le plafond de la salle de prière, certains présentant des sculptures particulièrement anciennes. L’atmosphère tamisée du lieu contraste avec les façades colorées rencontrées dans le reste de la vieille ville.
La silhouette d’Itchan Kala est aussi dominée par le minaret Islam Khodja, reconnaissable à sa forme élancée et à ses bandes décoratives. Autour de lui se succèdent médersas, mausolées et anciennes demeures, formant un paysage urbain particulièrement dense que l’on découvre facilement à pied.
Mais l’intérêt d’Itchan Kala réside surtout dans l’atmosphère créée par l’ensemble de ses monuments et de ses ruelles. Plutôt que de passer rapidement d’un site à l’autre, il est intéressant de prendre le temps de parcourir la vieille ville, d’observer les ateliers d’artisans et de découvrir les perspectives qui s’ouvrent entre les façades en terre, les coupoles et les minarets.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Itchan Kala constitue un témoignage exceptionnel de l’architecture et de l’urbanisme des cités musulmanes d’Asie centrale. Sa remarquable concentration de monuments en fait aujourd’hui le cœur historique et touristique de Khiva.
Découvrir Itchan Kala, c’est ainsi pénétrer dans une véritable cité fortifiée de la Route de la Soie. Du Kalta Minor à la Kunya Ark, du palais Tach Khaouli à la mosquée Djouma, chaque ruelle révèle une nouvelle facette de l’histoire de Khiva et du Khorezm.